Du
fauve au symbolisme
Aujame ou l'initiatique d'un peintre
Auvergnat de naissance et par goût permanent de sa
création, Jean AUJAME a toujours préféré
peintre en Auvergne plus que dans tout autre lieu en France.
Professeur aux Beaux-Arts, titulaire de la chaire de Fresque,
AUJAME aimait se définir comme un peintre mural.
Le lycée de la ville d'Issoire témoigne encore
sur ses murs d'une vaste fresque où l'homme et le peintre
veulent rejoindre un monde idéal et centrer l'homme dans
un cosmos où la lumière du matin au-dessus d'un
bord d'Allier est révélatrice de toute une inspiration
vers l'unité de l'être, un goût quasiment mystique
de s'impliquer dans la nature comme un enfant de cette terre d'Auvergne
et demi dieu d'un soleil qui se réfléchit dans la
verdure du paysage environnant.
Jean AUJAME a commencé à peindre très
jeune ; à 17 ans des croquis témoigne de son goût
du dessin et de son plaisir de croquer un paysage qu'il illustrait
souvent par quelques traits de plume, c'est-à-dire un poème.
Les premiers tableaux font référence à
la terre natale : la maison d'Aubusson, les forêts d'Auvergne
qui avaient déjà une influence magique sur le jeune
peintre.
Une palette très colorée le rapproche du
mouvement fauve encore très à la mode vers 1925.
On peut considérer que de 1922 à 1925, Jean
AUJAME a eu une tentation à la fois expressionniste et
fauve appliquées à de nombreux paysages, des sous
bois, des chemins en creux, et quelques scènes plus réalistes
comme les Ebats des premières amours. La femme est au centre
de cette construction mentale que représente le tableau
mais déjà Amour et nature sont liées dans
une sorte de rapprochement descriptif autour d'un châtaignier
par exemple.
Cette approche, très dessinée va subir son
premier voile de tristesse après la mort de ses parents
AUJAME (1937) où l'inspiration commence à effleurer
le fantastique.
L'Enchanteur de la forêt montre cette rupture entre
le trait dessiné et l'onirique.