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Après l'acquisition de sa première maison en Auvergne, à la veille du conflit de 1939 AUJAME se pénètre de très nombreux paysage d'Allier et des carnets de croquis toujours joints à des poèmes mettent en valeur cette symbiose entre la silhouette du Donjon de Montpeyroux et les collines des vignes de Sauvagnat Ste Marthe, berceau désormais de toute l'œuvre d'AUJAME.

Le choc de ces années de captivité où il va connaître Jean RUDEL et Roger AUBRY le ramène à sa terre natale dés la fin de la guerre.

Tenté cette fois-ci par le cubisme, il résistera à ce non figuratif comme une trahison du foisonnement de son imaginaire.

Les galets de l'Allier prennent le visage de masques africains et créatifs : dés 1950 une mutation profonde devient métamorphose ; AUJAME se peint en sorcier entouré de lichens, de laves, d'œufs, le tout sur une table de travail de son atelier de Sauvagnat Ste-Marthe.

1955 : la mutation est achevée, AUJAME ne se peint plus en simple sorcier mais en adepte couronné avec la baguette du pouvoir. Le tableau de Paracelse signe cette transformation ainsi que les très nombreux couples dans la forêt ou dans la jardin des Hespérides : jardin intérieur du magicien. Une iconographie alchimique apparaît très clairement avec un bestiaire : chouette, le serpent ou des références à la soror mystica : jeune femme aux seins nus qui dort la plupart du temps en lisière de la forêt.

Cette jeune fille vous guide dans un trajet initiatique où le silence est de rigueur, où la nature est un temple, où la conjonction du roi et de la reine permet d'atteindre l'idéal de la pierre philosophale.

La lumière dans les tableaux est traitée de façon symbolique avec des cartouches de vert au rouge qui respecte les trois couleurs de carmin de la fusion des éléments sacrés du soleil avant l'ordalie par le feu. Une œuvre de purification de l'être qui veut atteindre l'absolu est systématique dans les grands tableaux de la fin de sa vie où AUJAME se représente comme un démurge d'une nature apaisée dont il reste le grand organisateur.

Ce symbole voulu dans sa peinture est poursuivi dans son écriture : une centaine de poème inédits, d'importants écris sur l'art montrent son goùt de la recherche vers un monde idéal et surnaturel dont le panthéisme végétal est une clé essentielle.


 

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