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avez-vous rencontré votre sensation colorée
dans la peinture fauve ?
" Je ne pense pas. En réalité, c'est l'étude
des Anciens et plus particulièrement du vitrail, des émaux
limousins, des tapisseries médiévales et de la faïence
ancienne qui m'a révélé la valeur expressive
et lyrique de la couleur pure. Je dois plus aux cubistes pour l'organisation
de l'espace quoique, ici encore, j'aie longuement médité
l'espace des verriers ou des émaux cloisonnés poitevins,
des arts où l'espace extérieur rejoint l'espace intérieur
de l'homme. "
Interview de J.-L. Daval
Journal de Genève, 13 février 1965
Pour faire de la Figuration, en somme, il faut figurer, c'est-à-dire
s'approprier l'apparence et non la fuir. Et pour instaurer le règne
de la " Nouvelle Figuration ", il faut donner, de l'apparence,
une interprétation nouvelle. De quelle manière au
juste ? C'est la question. Qu'est-ce donc qu'une nouveauté
? C'est une chose qui n'a jamais été vue ; mais parce
qu'elle n'a jamais été vue, justement, il est bien
impossible de la décrire avant qu'elle soit là. Le
risque est grand, évidement, de retomber au voisinage de
quelque forme traditionnelle de la figuration, parce que l'art ancien,
dans son ensemble, s'est montré abondamment figuratif et
n'a pas craint de pactiser avec l'apparence. C'est ce risque, pourtant,
qu'on accepté tous les grands créateurs d'autrefois,
et c'est ce que nous serions en droit d'attendre de ceux d'aujourd'hui,
après que la critique nous à présenté
l'artiste moderne comme un être assoiffé d'aventure
et doué d'un courage indomptable. L'aventure, c'est au coin
d'une " Nouvelle Figuration " qu'elle se rencontrerait
maintenant, à condition de la rendre effectivement nouvelle
et figurative, tout au profit du courage qui serait ainsi réintégré
dans la ligne voulue par Socrate et Platon, celle de la vérité,
et tout au bénéfice de l'art, qui consentirait peut-être
à faire un pas en avant.
Charles Lapicque
Cité par " Rencontre ", de Lausanne, juin 1962
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