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... c'est aussi l'étude du mouvement et de sa traduction picturales qui a de plus en plus fixé l'attention de LAPICQUE. Elle l'a amené a peindre des scènes de courses (1949), des régates (1951), des marines, et même des compositions comme la libération de Paris (1945) et la bataille de Waterloo (1949).

Soucieux de l'exprimer par des moyens autres que ceux de la tradition et plus aptes, par leur mouvance même, a le rendre adéquatement ; il s 'adresse à la couleur, qu'il hausse de plus en plus, jusqu'à faire de telles de ses marines un véritable puzzle de tâches de tons purs , liserés de blanc. On comprend ainsi la fascination que Venise et la peinture Vénitienne exercèrent sur lui : Véronèse et Tiepolo ne sont pas étrangers à l'orientation de son chromatisme depuis 1952, où il fait siennes les harmonies les plus capiteuses - et les plus captieuses - du baroque.

Fondé exclusivement sur la couleur, son art ne fait plus place au volume, non plus qu'à la composition, qu'il remplace par ce que l'un de ses exégètes a appelé le discours plastique, apte à exprimer ce dynamisme du monde que LAPICQUE veut aussi fort traduire qu'il s'en refuse à l'abstraction.

Bernard DORIVAL
Les peintres du XXe siecle du cubisme à l'abstraction 1914, 1957.


Quel coloriste subtil et raffiné que Lapicque ! Peu de peintres de sa génération possèdent plus que lui le don de marier les tons avec goût et avec bonheur, et celui, plus rare encore, de faire passer jusqu’au spectateur, par le truchement exclusif du ton, son émotion et sa pensée. Un fait de nature le frappe-t-il ? Il nous restitue l’impression reçue, non par une image, mais par la symphonie de couleurs qui nous suggère en même temps, si détachée soit-elle de la réalité, et cette réalité, et la réaction, en face d’elle, de l’auteur.

Art non point abstrait, mais si dégagé du réel qu’il peut paraître ésotérique ; la peinture de Lapicque marque une étape nouvelle de ce mouvement irréaliste dont la naissance et l’évolution sont le grand fait marquant du dernier demi-siècle pictural.

Bernard DORIVAL
Nouvelles littéraires, 10 avril 1947

… Lapicque est un artiste unique en son genre. Sa formation scientifique, son besoin de logique, nous valent des graphismes expérimentaux ou des essais très réalistes. Mais l’esprit de logique n’a jamais tué en lui l’esprit de finesse, et même les recherches les plus ingrates contiennent leur part de poésie. Plus souvent, la rigueur de la démarche cède le pas à d’étonnantes envolées lyriques, mais toujours contrôlées, toujours dans le cadre que l’artiste s’est fixé. Lapicque a aussi redécouvert la poésie de l’arabesque pure, de la calligraphie, bien avant que la Japon soit devenu un article d’importation …

Georges BOUDAILLE
Les lettres Française, 25 mars 1959.

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