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Georges Rohner fait partie du groupe appelé "Forces Nouvelles" mais dont le but est beaucoup moins de chercher l'inédit que de retrouver le sens français et de renouer, à travers toutes les tentatives du début du siècle, avec l'art traditionnel.

C'est ainsi qu'après diverses expériences. ROHNER est maintenant parvenu, pourrait-on dire, à pied d'oeuvre . Né à Paris en 1913, il a d'abord suivi très assidûment, avec Jannot et Humblot, les cours de Lucien Simon à l'école des beaux-arts. Lucien Simon qui voyait dans ces trois artistes des tempéraments fort indépendants, les laissa jusqu'au moment où ils abandonnèrent son atelier. ROHNER et Humblot travaillérent alors seuls pendant deux années. Les préférences de ROHNER vont à Derain et aux natures mortes de Picasso ; il peint avec de sourdes violences de couleurs des toiles où se disputent une originalité qui se cherchent à des souvenirs anciens ; il les expose dés 1931 au salon des indépendants.

Pour achever de dégager complètement son art, pour le décongestionner, ROHNER sent le besoin d'un retour vers l'élémentaire. De son plein gré, il part à la Guadeloupe où le service militaire accompli là-bas allonge le séjour. Ce n'est pas une fuite ni un renoncement, ni un abandon ; il ne s'agit pas d'un acte de désespoir ; il s'agit seulement pour ROHNER de prendre contact avec une humanité encore simple, de connaître un primitivisme authentique, de se débarrasser de tout le fatras d'une civilisation surexcitée, de se reprendre pleinement en mains, au seuil de sa vie . Les oeuvres qu'il accomplit à la Guadeloupe indiquent que ce renouvellement s'est accompli sans hâte mais pleinement. ROHNER en revint en août 1936, libéré de toute influence directe, mais ayant trouvé ses maîtres, tous dans la grande tradition française : les le Nain pour le métier, Georges De La Tour, Philippe de Champaigne pour l'esprit et Monsieur Ingres.

Et, les premières oeuvres que nous avons vues de lui, depuis son retour, commencent l'accomplissement de cette sorte de programme : retravailler dans le sens des français pour renouer. Son retour de la guerre de Troie est un réveil de la muse antique, et son Homme à la pipe qui s'enlève sur un fond de perspective et d'architecture, affirme franchement, même avec une certaine dureté, la volonté de contraindre tout le cubisme et le surréalisme du XXéme siècle à rentrer dans les cadres d'une renaissance Française.

Michel Florisoone.
Extrait du catalogue salon des jeunes artistes galerie Beaux-arts- 1937


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