Aujame | Desserprit | Duminil | Gauthier | Hélion | Humblot | Jannot | Kawun | Lapicque | Le Moal  | Rohner

Retour à la page d'accueil
Goetz | Carle | Allemand | Signovert | Busse | Fichet | Dalmbert | Wilfredo | Boumeester | Germain | Hélias

Page suivante
1 / 5

 Prix des oeuvres...cliquez ici 
 

BUSSE

Par Jean Grenier - Mai 1961

Parmi les peintres qui atteignent la maturité, BUSSE est un des plus originaux et des plus solides. Il suit une ligne droite qui le mène depuis la révolution cubiste jusqu’à la restauration abstraite. Ceux qui ont le mieux parlé de lui, Dorival et Gindertael, soulignent le côté volontaire et méthodique de ses recherches et le rôle régulateur qu’il a joué dans la peinture. A cet égard, BUSSE a acquis une autorité que l’on reconnait rarement à quelqu’un de cet âge. C’est qu’il est parfaitement désintéressé. C’est aussi qu’il a une grande culture et qui déborde de loin le domaine de la peinture actuelle. Elle permet de ne pas se laisser enfermer dans les cadres étroits de la mode et d’être lui-même. Il se refuse à suivre un courant vers lequel il ne se sentirait pas porté.
A notre époque, ce courant c’est celui qui a pris naissance (c’est une résurgence de caractère posthume) dans les Nymphéas de Monet – c’est le néo-impressionnisme, avec pour corollaire l’engouement pour le paraphe, le panache, l’efflorescence et l’indéterminé – je parle de ceux qui ne réussissent pas, car il y a aussi ceux qui réussissent. Consulté là-dessus, BUSSE s’explique aussi clairement que possible. Nous lui laissons la parole :
« Pourquoi avoir peint ces « hommages à Claude Nicolas Ledoux » ? Très certainement en opposition à la multiplication actuelle des « hommages à Claude Monet ». Opposer au plus évanescent des peintres le plus rigoureux des architectes. En fait, il s’agit bien plutôt d’ “ hommage à l’architecture ”, en ce qu’elle est prise de possession de l’espace et ordonnancement du monde, en ce qu’elle tend toujours à ériger la Tour de Babel."

En simplifiant outrageusement les choses, on pourrait dire que la peinture s’est toujours scindée en deux courants principaux correspondant à deux attitudes humaines fondamentales. On voit toujours plus ou moins simultanément les peintres s’opposer en classiques et romantiques, faciles à reconnaitre à travers les diverses terminologies d’époque, nabis et impressionnistes, cubistes et expressionnistes. La peinture de Cézanne indique une attitude de possession par rapport aux choses. Celle de Van Gogh trahit une attitude de possédé…"

C’est dans la mesure où une peinture est différente qu’elle risque d’éclairer une nouvelle facette de l’infinie complexité de la réalité visuelle. Et puis, au bout du compte, tout ce qu’un peintre dit de lui-même ne peut concerner que sa méthode et ses instruments, et la question n’est vraiment pas là. »

Essayons de caractériser l’art de BUSSE en ce qu’il est à contre-courant.
La sobriété d’abord

Degas disait au fils cadet de Rouart qui était son élève : « Peins un plan monochrome absolument, quelque chose d’uni, et tu mettras dessus un peu de couleur, une touche de-ci, une touche de-là, et tu verras comme avec peu de choses on obtient la vie… »
BUSSE ne peint pas ainsi. Mais il est certain que la couleur pour lui est bien loin derrière le dessin. Il est pour Ingres contre Delacroix. A chaque période de l’histoire il y a eu cet antagonisme qui pour le spectateur n’est qu’un balancement est une symétrie.

Ingres donnait ce conseil à Degas : « Faites des lignes – soit de souvenir, soit d’après nature. Vous serez un bon artiste. »
Il disait encore : « La forme n’est pas sur le trait ; elle est à l’intérieur du trait. » - « L’ombre ne se met pas à côté du trait ; elle se met sur le trait. » Quand je regardais à l’exposition de BUSSE ces villages si bien composés, si directement lumineux (je veux dire : sans artifice) je pensais à cela. Mais j’étais très frappé aussi par la discrétion des couleurs – à une époque où cela n’est pas de mise. Ces jaunes légers, ces violets délicats a-t-on remarqué comme ils étaient intervertis ? Toits et murs étant alternativement de telle teinte et de telle autre ? Tout cela n’est du cubisme qu’en apparence. Il faudrait remonter à la Renaissance, aux peintres du cristal et de la lumière.

L’exposition de BUSSE a montré qu’il avait su se dégager des échafaudages qu’il avait bien eu raison de dresser devant ses visions, qu’il a pu, après ses Verreries et ses Carrières, obtenir ces architectures dont la solidité n’a qu’un but : faire éclater la lumière, comme les rayons d’une ruche dont toutes les parcelles vibrent continuellement.



Page suivante

 Aujame | Desserprit | Duminil |Gauthier| Hélion | Humblot | Jannot | Kawun | Lapicque | Le Moal  | Rohner

Retour à la page d'accueil
Goetz | Carle | Allemand | Signovert | Busse | Fichet | Dalmbert | Wilfredo | Boumeester | Germain | Hélias
Conception et réalisation du site: philippe@delicad.com - Visiter le site...