Un pont entre les centres
Arts. Spiral,
damiers, rhombes, échelles, stries
, dans ses peintures
récentes (sur toile et sur papier) Pontus Carle est resté
fidèle à son écriture et à son vocabulaire
formel. Mais à la différence des travaux précédents,
dont certains avaient été présentés
ici même il y a deux ans, ses formes et ses signes se sont
simplifiés et prennent d'autant plus de force. Ils sont
également moins nombreux dans chaque uvre, ce qui
leur permet de lieux s'installer dans l'espace en conséquence
plus aéré - qui les entoure. Un point clef pour
Pontus Carle (né en 1955, en Suède) dont la démarche
picturale repose principalement sur l'organisation spatiale de
ces " figures " et sur le sens et la sensation qui créent
leur juxtaposition, leur dialogue, leur interaction. Des figures
toujours traitées à égalités, sans
mise en avant de l'une par rapport à l'autre, pour multiplier
les centres, jouer sur les ailes et occuper tout l'espace qui
n'en est que plus présents ?
H.F. DEBAILLEUX
Journal Libération
Jeudi 13 avril 2000
Pontus Carle
Pour sa première exposition à Paris, ce jeune peintre
Suédois, né en 1955, montre un ensemble d'huiles
sur toile et sur papier d'une grande cohérence. Un bonheur
évident lui fait aborder la surface pour y déployer
tout un répertoire fantasque dans un espace planétaire.
Il émane de son uvre une sensation d'apesanteur où
prennent place des silhouettes, des objets insolites jouant à
la façon des mots dans une poésie mallarméenne.
Dans une narration peinte se débusquent le rêve,
l'inattendu, la surprise. Formes spiralées, stries, damiers
rebondissent se répondent ou se juxtaposent pour un récit
ludique où tous les possibles mettent en déroute
une rationalité indésirable. Parfois un collage,
fragment arraché à un plan urbain, tente un redressement
de sens, c'est pour mieux entraîner à nouveau le
regard dans l'imaginaire. De même, des textes en partie
effacés tentent d'expliquer ce qui ne peut l'être
puisque nous sommes dans la dérive du réel. Comme
sur les parois des cavernes préhistorique, une main revendique
son identité. Pontus Carle a son univers. Il nous le rend
d'autant plus séduisant, qu'il aime la peinture et le prouve.
Son pinceau trace, donne forme en exploitant une palette à
base de bruns, marron, rouge, en jouant des fonds travaillés
en clair dont les contrastes cloisonnent simulent des plans et
creusent l'espace. Rythme et formes colorées s'ajustent
dans ces variations aux résonances qui évoquent
le jazz.
Lydia
Harambourg
La Gazette de l'Hôtel Drouot
N° 17 - 28 avril 2000