… les couleurs et les formes ne sont pas de simple jeux (…) elles traduisent, dans leur langue, les drames et les joies de la vie, directement, comme un sismographe frémit, palpite, et inscrit les secousses de notre mère la terre.
« Cette fonction de la peinture est dangereuse comme la vie, ambigüe comme la religion.
« … la noblesse de la peinture est de donner cette force pour se réaliser, en refusant les lâches facilités, ou les contorsions du saltimbanque, en refusant d’attirer le public par la flatterie c'est-à-dire en le méprisant.
« Un coup de pinceau peut-être un cri, de joie ou de douleur, il peut être tendre, être une caresse, sa lenteur traduire le rêve, sa rapidité être un coup de poignard au cœur, il dépasse de toute façon la représentation pour être un geste d’homme.
« Marquant son empreinte la toile immaculée, la peinture signe son destin.
Pierre Fichet.
Pierre fichet dans ces quelques lignes entrouvre un peu la porte de ses préoccupations face à la création. Sa peinture lumineuse, chatoyante s’inscrit splendidement dans le courant de l’abstraction lyrique, mais une abstraction dans laquelle le baroque se mêle à la rectitude du jansénisme. Il y a là une introspection mêlée de doutes, dans une atmosphère constamment sensible au bonheur, liée au désir ardent de vivre dans une solitude picturale quasi rigoriste. C’est cela qui fait la beauté et l’importance de tout cet œuvre.
Patrick-Gilles Persin