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Préface
de Jean-Luc Petitrenaud pour l'exposition Jean Hélion 2006.
Le seule fois que j'ai croisé Jean hélion c'était
à, Issoire en Auvergne. Je ne lui ai pas parlé mais
je garde en mémoire sa démarche légère,
un rien ouatée il semblait marcher sur des coussins d'air
à la manière du bel acteur Mastroianni.
Pour
moi sa peinture, ses croquis, ses dessins sont comme une aubade
jouée par la fanfare d'un village. La vie de Jean Hélion
me plait.
Après
ses lignes droites et les angles précis du dessin industriel
au début de sa vie, il a su laisser jaillir ses rêves
faits de courbes et de couleurs ; un peu comme si le cur l'avait
emporté sur la raison.
J'aurais
aimé m'asseoir à ses côtés au jardin
du Luxembourg pour lui emprunter, le temps d'une conversation, son
regard si fin. J'aurais aimé lui faire la cuisine lorsque,
en période de "vache maigre" il réalisait
une nature morte avec un coquetier et un uf au plat dont le
jaune semblait trop grand pour l'assiette. Le ventre vide joue parfois
de vilains tours au regard du poète.
Jean
Hélion a peint comme Jacques Prévert a écrit,
avec cette insouciance qui joue à la balançoire sur
les rayons du soleil. D'ailleurs, le village qu'il a choisi pour
peindre sa valse des légumes du potager est Bigeonnette
ça
ne s'invente pas. Les mots l'aiment et il le leur rend bien en collant
ses couleurs à leurs trousses.
La vie
est là, dans son uvre, intacte.
Depuis
le paradis, Jean Hélion est un ange qui s'ignore. Il possède
les clefs de la beauté et de la grâce. Il nous inonde
de bonheur tout simple comme un colporteur heureux qui traverse
les villes et les villages.
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