Aujame | Desserprit | Duminil | Gauthier | Hélion | Humblot | Jannot | Kawun | Lapicque | Le Moal  | Rohner

Retour à la page d'accueil
Goetz | Carle | Allemand | Signovert | Busse | Fichet | Dalmbert | Wilfredo | Boumeester | Germain | Hélias

Page précédente Page suivante
2 / 5

 Prix des oeuvres...cliquez ici 
  
 


...Il y a du paysan dans KAWUN.
Du paysan visité par le démon de création...


Jadis, il commença par l'abstrait. Il donna couleur à des labours, à des humus. Opinion toute personnelle. D'autres pencheront pour un besoin puéril de rivaliser avec Paris-Rive gauche , son avant-garde, ses mirages. J'incline pour un apprentissage candide de la couleur avant toutes choses. Pour une volonté de n'esquisser des formes qu'après avoir apprivoisé, amadoué la pâte.
Je l'imagine voyant naître sous ses yeux émerveillés des orgies de diaprures tempérées par l'indécision des rythmes. Je l'imagine implorant ou explorant tous les possibles de la palette.

Le paysan, en lui, c'est aussi son glissement irrésistible vers la découverte d'une sensualité autre qu'informelle avec ses effets de courbes insolentes et d'insolation plastique.

S'il y eut dans le cours de cette ?uvre une tentation intellectuelle, elle devait, tôt ou tard, ou disparaître ou se pervertir sous la montée des forces telluriques. Je crois en sa perversion plus qu'en sa disparition. Cette perversion n'est plus géante. Elle est au service de quelque chose qui la dépasse comme, par exemple, une authentique jubilation charnelle.

Vaste et froid atelier réchauffé par la fièvre d'homme. Tout y est soudain donné à voir comme par surabondance. Générosité contagieuse d'un tableau , puis d' un autre, brutalité d'un troisième mais enveloppante et en fin de compte caressante. Ce rien de munificence qui éclate, ici et là, ou qui repose dans un coin, haletant, prêt à nous jeter ses fastes dans les jambes. Il y a du souk, du bazar, du capharnaüm sous ce toit, il y a des gestes de montreur se corsant d'une théâtralité byzantine. Il faudrait parler soudain d'une générosité des rythmes, de l'hospitalité de toute lumière.

Ce mouvement tournant et festoyant qui nous convie, sinon à la fête, du moins à ses préparatifs. Le festin n'est pas loin. Et l'ogre nous fait face, à visage presque découvert...
Mais nous ne serons pas mangés. Nous dévorerons avec lui la carne du temps...

...Nous sommes devant un fresquiste auquel les murs manquent. Ou alors ils se font papier, ils se décollent pour lui d'un autre mur, infranchissable par définition. J'aime découvrir un inconnu dans les conditions idéales de son désordre et de son idée fixe. J'aime le découvrir dans des conditions idéales d'ordre et de luxuriance.

Marcel Moreau
Extraits du texte sur Ivan Kawun, 1976.

 

Page précédente Page suivante

 Aujame | Desserprit | Duminil |Gauthier| Hélion | Humblot | Jannot | Kawun | Lapicque | Le Moal  | Rohner

Retour à la page d'accueil
Goetz | Carle | Allemand | Signovert | Busse | Fichet | Dalmbert | Wilfredo | Boumeester | Germain | Hélias