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Charles Lapicque
Né dans une famille qui pratique les sciences et les arts,
Charles Lapicque, dans la tradition classique humaniste, ne cessera,
sa vie durant, de multiplier les expériences.
À la fois artiste et scientifique, il poursuit pendant longtemps
ces deux vocations parallèlement. Diplômé en
1921 de l'École centrale, il exerce le métier d'ingénieur
jusqu'en 1928. Contraint d'accepter en 1931 un poste de préparateur
à la faculté des sciences de Paris, il profite des
ressources de son laboratoire pour effectuer des recherches sur
la perception des couleurs et, les mettant en application dans sa
peinture, n'hésite pas à remettre complètement
en cause les conventions picturales issues de la Renaissance. Le
"système de la grille" qu'il élabore en
1939, est le point d'aboutissement de ses découvertes optiques,
elles-mêmes sous-tendues par une approche philosophique. Ce
nouveau style aura une grande influence sur les peintres de l'exposition
"Vingt jeunes peintres de tradition française",
à laquelle Lapicque participe en 1941, à la galerie
Braun
.
En 1943, il abandonne définitivement sa carrière scientifique
pour se consacrer entièrement à son oeuvre picturale.
À contre-courant des tendances dominantes de son époque,
il affirme dans les années cinquante son attachement à
la figuration, tout en effectuant presque malgré lui, quelques
incursions dans l'abstraction.
Il passe en revue petits et grands genres, gardant toute sa vie
une prédilection pour le thème de la mer, pour les
couleurs somptueuses et les compositions dynamiques, toujours en
quête de l'équilibre et de la félicité
qu'il attend de la peinture.
" Si les moyens dont use le peintre sont abstraits, et avec
une précision que l'on peut donner en exemple, le fait de
l'artiste n'est pas de se complaire en ses moyens
mais d'en
exprimer ce grand mythe de la mer qui est l'une des bases aussi
de son aventure picturale. A voir courir ces fulgurantes arabesques
de tons purs, à voir se nouer, se dénouer et rouler
comme des vagues ce dessin si fort et si elliptique, on se dit que
la peinture moderne a rencontré ici, avec un bonheur très
exceptionnel, quelque chose de sa plus grande justification : ce
grand rendez-vous avec la réalité
Cette "
liberté de manuvre ".
Charles
ESTIENNE
en " l'Observateur " 13.11.1952
Exposition Galerie La Hune(La Mer)
Expert pour les oeuvres de Charles Lapicque: Marc Métayer.
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